LES LARMES DE GAIA (2025)

Avec Les Larmes de Gaïa, j’ai cherché à créer un pont entre mon travail de commande sur le corps et une recherche plus personnelle autour de la matière et du mythe.


Issue de la photographie de mode et de beauté, j’interroge ici ces codes en les déplaçant. Le corps n’est plus surface à lisser ou à idéaliser : il devient territoire, relief, fragment vivant.


En miroir, des natures mortes de cristaux et de pierres semi-précieuses dialoguent avec la peau. Les textures se répondent. La lumière glisse sur l’épiderme comme sur le minéral.


La série puise dans la mythologie grecque : Gaïa, déesse primordiale, mère de la terre, et Ouranos, le ciel. De leur séparation naissent des larmes pétrifiées.


Ces pierres deviennent métaphores. Larmes solidifiées, traces d’une mémoire archaïque inscrite dans la matière. Je m’empare de l’esthétique de la beauté pour la détourner vers une beauté organique, tellurique, presque sacrée. Le corps féminin n’est pas objet de désir mais force originelle. Il s’inscrit dans une continuité cosmique, entre chair et roche. La lumière dorée révèle les volumes, les aspérités, les détails. Le grain assume l’imperfection.


Comme dans mes autres séries, il s’agit de faire dialoguer héritage et contemporanéité, mythe et présent.